1er janvier 1916 : Le Grand-Quartier-Général annonce le bilan des pertes françaises depuis le début de la guerre : 600 000 tués, 400 000 disparus. Il faut combler les vides. Les armées ont besoin de 1 600 000 hommes pour tenir le front, ils ne sont que 1 230 000. Les jeunes recrues de la classe 1916 arrivent dans les bataillons de l’avant. La mobilisation dans les colonies s’accentue. En plus des Sénégalais, voici des Malgaches et des Annamites qui rejoignent les armées. Ceux dont on doute de la combativité sont utilisés comme travailleurs. Les régiments de réservistes ont subi de telles pertes que plusieurs ont été dissous et leurs survivants envoyés dans d'autres unités. Les 231e, 237e, 238e, 286e, 291e et 347e d'infanterie sont rayés des effectifs.

Verdun 1916 : La bataille qui commence, le 21 février 1916, va devenir le symbole de la résistance du soldat français. A 07H15, un barrage d’artillerie de plusieurs heures déchire le ciel de la Région Fortifiée de Verdun. Entre les forts, un tiers des effectifs de la défense est assuré par des unités territoriales. Les autres unités viennent d’arriver en renfort depuis quelques semaines et seule la première position est organisée. Il aurait fallu une armée de terrassiers mais les hommes disponibles sont tous en ligne. L’artillerie est insuffisante, notamment en canons lourds. Après des jours pluvieux, le soleil est revenu et ce lundi 21 février, il fait sec et froid. Le Grand-Quartier-Général est totalement surpris. Depuis des jours, l'ennemi a lancé de fausses attaques en divers points du front (mais de vrais bombardements) et il est difficile de savoir ce que les masses d'hommes qu'il a rassemblé devant Verdun vont faire. Ces forces sont les meilleures que les Allemands puissent rassembler, mais les Alliés ne le savent pas encore. Faut-il croire les déserteurs qui nous annoncent une attaque prochaine dans le secteur de Verdun ? Le commandement allemand (gl Erich von Falkenhayn) n'a qu'une idée : "saigner l'armée française" et il a donné l'ordre d'attaque sur Verdun au Kronprinz Guillaume de Hohenzollern,

07H15, sur un front de 6 kilomètres, 4 000 canons allemands tirent (dont des 380mm de marine sur voie ferrée et des 420mm sur plate-forme de béton). Ils vont tirer deux millions d’obus sur les positions françaises en cette seule journée. 80 000 obus à l'heure. La ville elle même est bombardée. Très vite, l’artillerie française est écrasée. La tir de barrage prépare l’attaque de la 5.armee comprenant 10 divisions survolées par de nombreux appareils d‘observation.

C’est la première position française qui va encaisser le choc, les 14e, 41e et 72e Divisions. Les unités qui reçoivent le bombardement sont des unités rescapées des offensives de 1915. Les soldats d’Arras (233e d'infanterie), de Saint-Omer (208e), de Béthune (273e), de Valenciennes (327e), de Verdun (164 e), de Laval (324e), de Saint-Quentin (351e), de Cambrai (362e), de Lille (165e et 365e), les Chasseurs du colonel et député Driant (59e d'Épernay et 56e) sont en ligne depuis 1914. Avec eux des unités coloniales isolées : Régiment Infanterie Coloniale du Maroc, 41e, 43e, 51e et 65e Régiment d' infanterie coloniale , 36e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais , 6e Bataillon de Tirailleurs indochinois, 1er Bataillon de Tirailleurs somalis.

Dès les premières heures, 60 % des défenseurs sont hors de combat. Dans certaines compagnies, il reste une poignée d’ hommes. Derrière le barrage d’artillerie, l’infanterie allemande avance sur un terrain bouleversé où se terrent les survivants. Les Allemands ne progressent presque pas ce jour là. Ils sont extrêmement gênés par les dégats de leur propre artillerie. Les obus ont creusé des cratères de 5 à 10 mètres de large qu'il faut contourner. Au matin du 22 février, lorsque l'attaque allemande reprend, il neige. Le bombardement aussi reprend. Les Allemands progressent à grand peine, ils appellent leurs renforts. L'Allemand occupe le fort de Douaumont laissé vide par les Français. C'est une perte sensible, car c'est un excellent observatoire sur la rive droite de la Meuse. Malgré le communiqué triomphant de l'Empereur d'Allemagne qui claironne la prise du fort, l'ennemi n'a pas encore réussi dans son offensive.

Entre le 21 et le 26 février, 19 600 soldats français meurent ou disparaissent. Ceux qui ont encore un fusil vont se battre jusqu’à la dernière extrémité. Chacun est bien conscient qu’au delà de sa propre vie, c’est la France entière qu’il défend. Il n’y plus d’unités, rien que des hommes isolés qui vont défendre leur peau. Aucun moment de repos, entre 2 obus, il faut refaire son trou, aller chercher à manger et à boire, se procurer des munitions. Avec ces sacrifices, le commandement reprend le contrôle de la situation.  " Courage… On les aura ". L’ordre du jour du gl Pétain est repris par tous les soldats. L'atroce bombardement continuel bouleverse les âmes, démolit les nerfs des plus endurcis. La nourriture arrive froide et souillée lorsque les hommes de corvée ont pu passer. Sinon on ne mange pas. L'eau fait défaut. Les sources rares sont sous le feu de l'ennemi alors on puise dans les cratères d'obus. L'eau est poluée par les centaines de cadavres et les vapeurs des gaz de combat.

Les renforts commencent à arriver, 321e d'infanterie de Montluçon, 310e de Dunkerque, 62e de Lorient, 60e de Besançon, 2e Zouaves d'Oran, 2e Tirailleurs de Mostaganem et 3e Tirailleurs de Bône, etc. Ces renforts sont écrasés au bout de quelques heures. Le 17e Chasseurs perd 1/3 de ses hommes avant d'arriver dans la première tranchée. Le lt-col du 233e d'Arras rassemble les débris de 4 régiments pour constituer un semblant d‘unité. Le 4 mars 1916, l’attaque allemande est stoppée. Il est tombé deux obus, d’un calibre supérieur au 105, par mètre carré. Chaque cratère est rempli de cadavres. Bref intermède de calme. Le 9 mars, les Allemands claironnent au monde entier qu'ils viennent de prendre le fort de Vaux. En réalité, le fort est toujours occupé par des troupes françaises (nous en reparlerons).

Les combats sont faits d’attaques allemandes, de contre-attaques françaises, de bombardements intensifs qui durent des journées entières, sans que les Allemands n’obtiennent de résultats notables. Entre le 26 février et le 30 avril, 49 000 Français sont morts. L'offensive générale a échoué. Les Allemands vont tenter de multiplier les opérations sur divers points.

Si les survivants tiennent, c’est aussi grâce à une modification importante de l’organisation. Jour après jour, l’unique voie ferrée à voie étroite (le Petit Meusien) et la route Bar-le-Duc à Verdun (la Voie Sacrée) alimentent la bataille. Les chauffeurs roulent jour et nuit. Un camion accidenté ou en panne va dans le fossé. Rien ne doit entraver la noria. Chaque semaine, 90 000 hommes et 50 000 tonnes de matériel sont acheminés sur Verdun par 3 500 camions (un toute les 25 secondes) qui au retour rapatrient les blessés vers les hôpitaux de Verdun. Du moins, les blessés qui ont pu gagner un poste de secours. Des mulets continuent jusqu'au plus près à porter les charges puis ce sont les hommes. D’autres unités vont à pied vers Verdun, comme le 95ème d’infanterie qui marche pendant 52 kilomètres avant d‘arriver en enfer. “La tournante ou le tourniquet” permet aux unités d’être relevées par des unités fraîches, tous les 6 jours (3 jours en première ligne et 3 jours en seconde ligne), de prendre 3 jours de repos, de compléter les vides et de repartir au front. Chaque division est relevée au bout de ces quelques jours ayant perdue I/3 de ses effectifs, voire la moitié. Les hommes qui montent au front savent ce qui les attend. Dans leur avance, ils croisent des fantômes ployés en deux, aux uniformes incrustés de boue, se soutenant pour ne pas tomber. Des chapelets d’hommes appuyés sur des bâtons se traînent, toutes unités mêlées. Les quelques survivants de ce qui fut une division. Ils croisent aussi des tombereaux remplis des cadavres de ceux que l’on a pu ramasser.

Malgré toutes les difficultés, les renforts parviennent en ligne et le 1er mars il y a 430 000 combattants français à Verdun. Les troupes coloniales à leur tour sont massacrées. Les Sénégalais perdent 60 % des leurs. Capotes bleu horizon et capotes kaki parsèment le terrain bouleversé, pulvérisé par les explosions. Toute la France monte au combat, des régiments du midi côtoient des régiments bretons, des régiments beaucerons, des régiments d’Alger, des régiments du Maroc, des régiments méridionaux, des régiments corses, des régiments nordistes, des régiments lorrains. Tous les soldats sur toute la ligne de front des Vosges à la Mer du Nord connaissent la bataille qui se déroule à Verdun. Tous savent que le tour de leur unité viendra certainement de monter à Verdun et que la chance d’en revenir est bien mince. Le propagande officielle s’empare du sacrifice des troupes de Verdun et un slogan va exalter leur courage : " c’est un devoir de mourir comme les chasseurs de Driant". Tous les régiments sont héroïques, le 101e d'infanterie de Paris, le 74e de Rouen perdent et reprennent des positions. Le 79e d'infanterie de Nancy tient tête à une brigade entière. Le 8e Chasseurs d'Étain, le 151e d'infanterie de Verdun réussissent à conserver le Mort-Homme (au nom prédestiné). Le 408e d'infanterie de Bourges a perdu 1 000 hommes lorsqu'il est relevé.

Le 60e d'infanterie de Besançon est massacré. Le 35e de Belfort est anéanti. Le 259e de Foix subit de très lourdes pertes. Le 139e d’Aurillac tient malgré tout. Les Zouaves d’Alger sont décimés; Le 17e de Béziers est encerclé. Les meilleures divisions de l‘armée sont anéanties. Les 110e de Dunkerque, 42e de Belfort., 413e de Clermont-Ferrand, 294e de Bar le Duc, 405e de Cuperly, 57e de Rochefort., 1er Zouaves d'Alger, n’existent plus. Les 111e d'infanterie et 351e d'infanterie considérés comme anéantis sont dissous. En mai, les Français tentent de reprendre le fort de Douaumont abandonné au début de la bataille et occupé depuis par les Allemands. La 5e Division attaque avec les 36e d'infanterie de Caen, 129e du Havre, 74e de Rouen et 54e de Compiègne. Une partie des superstructures est prise mais le fort reste aux mains de l'ennemi.

Fort de Vaux 1916 : Ce fort est un élément essentiel de la défense de la Région fortifiée de Verdun, non pas tant la construction en elle même que sa position. Sur son fronton a été gravé à sa construction : "S'ensevelir sous les ruines du fort, plutôt que de rendre". En ce mois de mai 1916, il est aux mains des Français (cdt Raynal). Sa garnison de 250 hommes est composée d'une compagnie du 142e d'infanterie de Lodève, de mitrailleurs du 53e de Perpignan, quelques sapeurs du Génie, quelques administratifs et soldats du service de santé. Aux abords ont pris position d'autres éléments du 142e, des soldats du 101e de Dreux, du 52e de Montélimar et des égarés, blessés pour la plupart, dans des tranchées ou des ouvrages annexes.

Les Allemands (50e division) commencent leur attaque le 1er juin. Des abris sont détruits, des tranchées éventrées par l'artillerie. 1 500 à 2 000 obus tombent par heure sur le fort les 2 et 3 juin. Les défenses extérieures sont submergées lorsque l'infanterie allemande part à l'assaut. 250 hommes de plus se réfugient à l'intérieur du fort. A l'aube du 3 juin, les combats reprennent. Puis le 4, les Allemands utilisent gaz asphyxiants et lance-flammes. L’air est devenu irrespirable sous les épaisseurs de béton percé par les obus de 420 allemands au point que les bougies s‘éteignent faute d‘oxygène. L'artillerie française pilonne les superstructures même du fort faisant un carnage parmi les assaillants. Les combats se déroulent ensuite dans les galeries. Quelques hommes réussissent à s’échapper pour aller chercher des renforts. Un aspirant fera l'aller et le retour, ce qui donne un peu d 'espoir aux défenseurs. Une compagnie du 328e d'infanterie d'Abbeville et deux du 321e de Clermont-Ferrand atteignent les fossés du fort mais doivent battre en retraite. Sans eau, sans matériel médical, sans nouvelles, le commandant Raynal donne l’ordre de se rendre le 7 juin. Il y a 4 jours que les hommes n’ont plus rien à boire. Les 87 blessés sont évacués (ils seront bien soignés). Les morts sont dignement enterrés. La garnison reçoit des Allemands "les honneurs de la guerre" et part en captivité. La batterie de Chamloup qui soutenait le fort de Vaux tiendra jusqu'au 2 juillet.

Verdun 1916 : Le 23 juin, 70 000 Allemands attaquent de nouveau au terme d’un bombardement au gaz. Les 114e Chasseurs de Pérouges et 121e Chasseurs de Langres, les 39e d'infanterie de Rouen, 239e de Bastia, 407e de Cuperly tiennent leurs positions à grand peine. Le 1er juillet, les Français reprennent l'initiative. L'ouvrage de Tiaumont est repris, perdu, repris 4 fois.

Le 11 juillet, nouvelle attaque allemande. C’est un nouvel échec pour eux. Ils renoncent et commencent à transférer des troupes sur la Somme. Leurs meilleures troupes ont fondues dans l’enfer. Le 1er aout, Thiaumont est encore l'objet de toutes les attentions. Le village est perdu et repris 6 fois, il n'en reste rien. Les combats pour Fleury durent jusqu'au 19 août. Il n'en reste rien.

Il pleut sans discontinuer en ce mois d'octobre 1916, mais les Français contre-attaquent le 21 octobre après un barrage d'artillerie qui déchaine le tonnerre sur un front de 6 kilomètres. Le terrain est dans un état effroyable. C'est une suite ininterrompue de cratères remplis d'eau. Partout les débris de 8 mois de combats. Débris d'équipements, casques, caisses, armes, barbelés jonchent le terrain. Mais aussi des morceaux de cadavres qui sont là depuis des semaines. Pas un arbre n'a  résisté. Les soldats pataugent dans une boue infâme. C'est une horreur. Quand à l'odeur !

La reprise du Fort de Douaumont (abandonné par les Français avant la bataille) et la reprise du Fort de Vaux occupés les Allemands sont des objectifs a atteindre en priorité. 3 divisions françaises partent à l’attaque (38e, 74e et 133e). Derrière elles, 3 divisions de réserve prêtes à s'engouffrer, les 7e, 9e et 63e Divisions. 654 canons bombardent les lignes allemandes dont les récents 370mm et 400mm. Le 24 octobre, dans un épais brouillard, les Français s’élancent. Dans les divisions d'assaut, des Tirailleurs (8e), des Zouaves (4e et 4e mixte de Tunis), le R.I.C.M., des fantassins (321e d'infanterie de Clermont-Ferrand, 401e de Valbonne, 23e de Bourg en Bresse, 33e d'Arras, 299e de Vienne, 222e de Sathonay, 3e de Digne), des chasseurs (116e alpin de La Boisse, 32e de Chambéry, 102e, 107e de Dagnieux, 5e de Remiremont, 71e de Langres), des Tirailleurs Sénégalais (36e).

En deux jours, 6 200 prisonniers sont rassemblés. Le 1er novembre, 4 nouvelles divisions attaquent (7e, 9e, 23e et 33e).

Le 24 octobre, le fort de Douaumont est repris (321e d'infanterie, R.I.C.M., 43e Sénégalais, 6e Tirailleurs indochinois, 1er Tirailleurs Somalis). Cela fait des jours que les coloniaux s'entrainent pour cet unique but. Ils ont répété l'assaut 20 fois. Le Bataillon somali qui est chargé de nettoyer les derniers recoins du fort capture les derniers allemands. Il est 22H00, le fort de Douaumont est repris. Ils sont 190 Allemands dont 4 officiers à rejoindre les camps de prisonniers.

Le 3 novembre, le fort de Vaux est repris (298e de Roanne).

Le 15 décembre, les Français continuent leur attaque avec de nouvelles divisions (126e, 38e, 37e, 133e, 22e). Le terrain est encore pire qu'en octobre. Des hommes s'enlisent, on ne les reverra jamais. D'autres sont extraits du bourbier à grand peine. Des travaux d'aménagement ont été rendu nécessaire pour l'acheminement des troupes. Sous une pluie continue, sous la neige, sous les bombardements incessants, des routes, des emplacements d'artillerie ont été construits par les Territoriaux et des coolies venus d'Extrême-Orient. Les Allemands se sont solidement retranchés. Les grenadiers des régiments d'infanterie française marchent en tête. Ils jettent leurs engins de mort dans chaque trou. La résistance est broyée à coup de grenades. Les lance-flammes font taire les dernières résistances. Tous les objectifs sont atteints. 11 400 prisonniers vont rejoindre les camps. Toute la zone des forts est entièrement reprise. Les troupes allemandes sont revenues à leurs positions de février. L’événement est immédiatement connu de la France entière et du monde entier. L'Empereur Guillaume qui rêvait d'une victoire facile, range son uniforme de parade et rentre en Allemagne.

Paul Valéry écrit : “ Verdun, c’est une guerre tout entière insérée dans la Grande Guerre. Ce fut aussi une manière de duel devant l’univers, une lutte singulière et presque symbolique en vase clos”. Dans cette phrase tout est dit. Le commandement français et le commandement allemand avaient décidé que “Toute position perdue doit être reprise” et ce sont les Allemands qui ont perdu. Le village de Fleury a changé 16 fois de mains, il n‘en reste rien. D’autres villages pris et repris, matraqués par des tonnes de bombes sont rasés jusqu’au sol. Ils ne seront jamais reconstruits.

Un million 500 000 Français ont combattu à Verdun (estimation, car il n‘existe aucun chiffre précis). Des régiments entiers ont disparu, avalés par la terre de Champagne, tous les officiers et colonel compris. 1 000 soldats par mètre carré de territoire ont trouvé la mort à Verdun. Le jour de la relève, il reste 98 des Chasseurs du député et colonel Driant sur 1 200 (Driant est mort). Il reste 98 hommes pour 8 compagnies au 362e d’infanterie de Cambrai. A la 6e compagnie du 60e d’infanterie de Besançon, il reste 11 hommes sur 143. Une division est considérée comme hors de combat en 3 jours. On ne connaîtra jamais exactement le chiffre des pertes. 165 000 morts français et 200 000 blessés est un chiffre généralement retenu. Les blessés qui arrivent à se traîner jusqu’à la ville de Verdun découvrent des hôpitaux surchargés. Des tentes deviennent hôpitaux. Les médecins sont débordés. Un médecin fait le tri de ceux que l’on espère sauver, les autres sont abandonnés. Il n’y a plus de brancardiers, ils se sont fait tuer. Il n’y a plus d’infirmiers, ils se sont fait tuer. Les Territoriaux ont subi des pertes terribles. Leurs survivants enterrent les morts.

Verdun est la victoire des humbles, des sans-grade qui n’ont pas voulu reculer, plus que celle du Grand Quartier Général.


Les vainqueurs de Verdun

Les noms de lieux et de villages jusqu’alors méconnus entrent dans l’histoire : le village de Douaumont, le village de Fleury, le bois des Caures, Thiaumont, la cote 304 (qui a perdu 7 mètres), le Mort-Homme, le bois des corbeaux, le fort de Vaux, le fort de Douaumont, Les Éparges, la Caillette et tant d’autres lieux.

L'Empereur d'Allemagne qui n'avait pu arborer ses brillants uniformes à Ypres ne le fera pas non plus à Verdun

23 mai 1916, la Grande-Bretagne promulge la loi sur le Service militaire obligatoire. Les volontaires des premières années sont morts.


1915



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